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Grève

Elle était annoncée, crainte ou espérée… On parle bien de la grève du 5 décembre…

Grève

UBGM – filaire – grève

Le premier mot 

Elle était annoncée, crainte ou espérée… On parle bien de la grève du 5 décembre.
Après le Black Friday, nous avons donc droit à un « Block Thursday », un jeudi qui s’annonce noir, dans les transports, comme dans la rue.

Protestant contre le projet de réforme des retraites annoncé par le Gouvernement, nombreux sont ceux, tous secteurs confondus, qui prévoient en effet de battre le pavé. Et à défaut d’y trouver « la plage », comme le disaient les slogans bien connus de Mai 68, nous pouvons parier sur d’imaginatifs : « métro, boulot, caveau », ou bien encore « tu as de beaux vieux tu sais ».

À chaque mouvement de grève, son « rêve général » …

Mot pour mot

Grève, vient du latin populaire grava qui signifie « gravier » mais également « plage » en latin médiéval. Le mot se rapproche également du latin « gravis », qui se traduit par « dur, difficile ».

On retrouve ce terme et cette idée de plage, quand on parle de la traversée de la baie du Mont Saint Michel, appelée également « traversée des grèves ». Et par extension, dans la région bordelaise et ses terres sablonneuses, on peut boire de très bons « Côte de Graves ».

Concernant l’arrêt de travail, celui-ci tire son origine de la Place des Grèves à Paris, qui était submergée de sable et où se réunissaient les ouvriers qui attendaient de se faire embaucher. C’est là que se tenaient les exécutions capitales jusqu’à la révolution de 1830, et que, tous les ans, était tiré un feu d’artifice à la Saint-Jean. On trouvait également des lieux dénommés « La Grève », à l’intérieur des remparts de certaines villes : places communes, lieux de réunion des citadins, villageois ou encore forains, lieux d’échanges, de ventes, de marchandages, y compris pour les « marchands d’hommes » …

 

Mot à mot

L’expression « faire grève » est apparue officiellement au XIXème siècle, elle signifiait « quitter son ouvrage pour demander une augmentation », tandis qu’« être en grève » recouvrait l’idée de « chercher du travail ».

Dès 1785, des ouvriers du bâtiment avaient afflué place de grève pour faire augmenter leur journée. Faire la grève, c’est d’abord prendre la route, marcher jusqu’à la ville, puis attendre (« être en grève »). On peut quitter son employeur (« se débaucher ») et revenir en grève, et enfin, si celui-ci n’est pas satisfait, être renvoyé à la grève !

Le mot de la fin

Et les fonctionnaires dans tout cela ? Avant l’occupation et le régime de Vichy, ils n’avaient pas le droit de faire grève en application du principe de continuité du service public. C’est en contrepartie de cette interdiction, que la sécurité de l’emploi leur était garantie.

À la libération, la Constitution de 1946 l’autorise pour tous les travailleurs, y compris les fonctionnaires. Dans son arrêt Dehaene du 7 juillet 1950, le Conseil d’État considère que la grève est envisageable pour les fonctionnaires, tout en étant encadrée, de manière à « opérer la conciliation nécessaire entre la défense des intérêts professionnels dont la grève constitue une modalité et la sauvegarde de l’intérêt général auquel elle peut être de nature à porter atteinte ». Certaines catégories de fonctionnaires demeurent exclues : les personnels des services actifs de la police nationale, les membres des compagnies républicaines de sécurité (CRS), les magistrats judiciaires, les militaires, les personnels des services extérieurs de l’administration pénitentiaire, les personnels des transmissions du ministère de l’Intérieur. Par ailleurs, un service minimum doit être mis en place.

Alors, de quoi sera fait notre « minimum » ces prochains jours ?